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Les bons légumes
La vie quotidienne, au début
du siècle dernier, ne devait pas être toujours très rose. Néanmoins, nos grands-parents
avaient une qualité de vie que nous ne connaissons plus aujourd’hui. A la
campagne surtout, ils vivaient avant tout au rythme des saisons, pour le travail
comme pour les repas. On mangeait le rôti de porc ou la saucisse quand on tuait
le cochon …L’hiver, les salaisons, un bon poulet de grain ou un lapin du clapier
pour les fêtes, faisaient amplement l’affaire …Les fruits se dégustaient après
la cueillette, rejoignaient le fruitier, ou composaient de succulentes
confitures …Les légumes venaient essentiellement du potager, varié, généreux. Et
si l’on ignorait les vertus de l’artichaut ou la saveur des poivrons, …. les
choux, laitues, panais, navets, dont les recettes se transmettaient de mère en
fille, comblaient les palais les plus difficiles.
Quelques légumes oubliés, découvrons-les
au Jardin de Léon !
Le topinambour
Originaire d’Amérique du Sud (il doit son
nom à la tribu des Tupinambus), il fut importé en Europe au début du XVIIième
siècle. On l’arrache au fur et à mesure des besoins, car les tubercules qui
rappellent les pommes de terre (goût de fond d’artichaut) ne se conservent pas.
Ils nourrissent aussi les animaux domestiques. Les jeunes feuilles se mangent
comme l’épinard, et font le délice ... des chèvres. Cette plante a l’avantage de
n’être victime d’aucun parasite, ni maladie. Le tubercule est riche en insuline,
un édulcorant bien toléré par les diabétiques. On le cultive en lignes distantes
d’1m (ses tiges dépassant le mètre).
Le panais
C’est une ombellifère (apiacée) comme la
carotte. Il provient du panais sauvage que l’on trouve dans presque toute
l’Europe. Avant l’introduction de la pomme de terre, il formait avec navets et
choux la base de l’alimentation dans nos régions. La racine du panais aromatique
et légèrement sucrée, est plus nutritive que la carotte, on l’utilise surtout
dans la soupe ou la potée traditionnelle en Wallonie. Les feuilles se mangent
comme l’épinard. Semer en début de saison en lignes espacées de 35cm, éclaircir
à 15cm, récolter dès septembre au fur et à mesure des besoins.
La fève des marais
Sa culture remonte à la préhistoire. Des
fèves ont été trouvées dans des tombeaux égyptiens. C’est un aliment extrêmement
riche et nourrissant. Elle est succulente avec la viande d’agneau. Semer en
lignes distantes de 50cm, les graines à 10cm; après levée, sarcler, butter,
pincer au-dessus de la 10° inflorescence.
Le navet
C’était une des plantes de base dans
l’alimentation de l’Antiquité et du Moyen-Âge. Il appartient à la famille des
crucifères comme les choux. Il est aussi bon dans le "grosse soupe" qu’en potée
avec les pommes de terre au lard, ou en accompagnement avec une sauce Béchamel,
ou encore légèrement caramélisé dans la poêle. Semer en avril, en lignes claires
, éclaircir, et surtout beaucoup arroser.

Les choux non pommés
Ils poussent spontanément le long des
côtes européennes. La tige du type sauvage peut atteindre 1m de long. Après plus
de 4000 ans de culture, les jardiniers ont sélectionné diverses variétés connues
aujourd’hui, dont le "chou de Jalhay" qui se récolte après la première gelée et
se conserve en "boulettes" avant de le préparer en potée, comme le rappelle
chaque année à Jalhay "la fête du chou". Les choux aiment un climat tempéré,
frais, et du calcaire dans le sol. Ils préfèrent les terres profondes, fraîches
et bien fumées.
L’oseille
Elle est connue depuis l’Antiquité,
cultivée dès le XIVè siècle. De moins en moins employée actuellement, on
l’ajoute à l’épinard pour sa saveur acidulée, dans les soupes vertes, mais
encore en accompagnement du poisson, pour aromatiser les omelettes … La plante
qui contient des oxalates peut se révéler dangereuse pour l’arthrite, les
rhumatismes et les lithiases. La plante est vivace, mais doit être renouvelée
tous les deux ans pour une bonne production.
Le raifort
Cultivé pour le goût piquant de sa racine,
il relève la mayonnaise, les viandes rôties, ainsi que diverses sauces ou le
vinaigre. Vivace, multiplication par division des racines au printemps.
Les bettes
Déjà 400 ans avant J.C., Aristophane en
parlait. On les cultiva au Moyen-Âge sous le nom de porée ou poirée. Et, dans le
Nord de la France, les villes avaient toutes leur "rue à la Poirée" réservée à
la vente des légumes. On consomme surtout en légumes ses pétioles cuits,
généralement préparés avec une sauce blanche. Sa culture est des plus facile.
Semis en pleine terre début avril. Mettre les plantons en place en juin à 50cm
avec le collet au ras du sol. Aime un sol riche et bien arrosé. Récolte au fur
et à mesure des besoins.
La betterave rouge
Elle est d’origine méditerranéenne, connue
des Grecs et des Romains et cultivée dès le XVième siècle. Sa racine est cuite à
l’eau jusqu’à devenir tendre mais encore croquante. Ensuite, elle est pelée,
puis coupée en tranches et servie avec une vinaigrette, conservation en bocaux
comme les cornichons. A Malmédy, on prépare une salade de betteraves rouges avec
des filets de harengs, des pommes de terre et des pommes, qui remet les idées en
place après le carnaval! Semer en avril, en lignes espacées de 25cm, puis
éclaircir à 15cm, récolte dès le mois de juin.

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