Le coeur de Sart

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Souvenir de mon village

Je suis né à Sart le 21 avril 1900 dans une ferme qui donnait bien de la peine à mon père pour réunir le montant de la location...

Le printemps, c'était le temps des semailles, seigle, avoine et plantation de pommes de terre. Le mois de juin amenait la fenaison. Les foins étaient fauchés à la faux. La fenaison finie, les paysans gagnaient la fagne pour y extraire la tourbe destinée au chauffage. Ils coupaient la mousse, les bruyères, les fougères qui, séchées, serviraient de litière. Dans la forêt, ils faisaient provision de bois de chauffage.

L'automne était pour les enfants la période des vacances, de mi-septembre jusqu'à la Toussaint. Il fallait alors assurer la garde du bétail qui paissait dans des terrains non clôturés. Puis, il y avait le ramassage des pommes de terre. L'hiver ramenait les longues soirées et les veillées avec les voisins à la lueur d'une lampe à pétrole.

La vie était assez dure, les revenus provenaient de la vente du beurre, des pommes de terre ou, si c'était vraiment nécessaire, d'une vache. Le mois de novembre amenait la fête du cochon. C'était l'occasion d'inviter parents et amis au festin pour goûter boudins et autres charcuteries. C'était la vie de chaque ménage !

Gustave Boniver

Sart est un de ces villages de l'Ardenne dite herbagère ayant conservé un caractère typique, avec ses nombreuses fermettes des XVIII° et XIX° siècles, pour la plupart remarquablement restaurées et sa place du Marché d'une grande qualité architecturale, typique du pays de Spa.

On ne peut le dissocier des villages de Tiège, de Nivezé et de Solwaster surtout, une des plus beaux coins de Wallonie. Ceux-ci étaient unis administrativement à Sart, dès avant la fusion des communes et la réunion à Jalhay.

La forêt toute proche, avec les vallées de la Hoëgne, de la Statte ou du Wayai, et l'exceptionnelle réserve naturelle des Hautes-Fagnes constituent son écrin.


Le village

Sart signifie terre"essartée", défrichée. Au Moyen-Age, les paysans qui défrichaient des terres incultes pour le compte de leur seigneur, recevaient des bois, des landes qu'ils cultivaient. Au IX° siècle, Theux était une bourgade déjà importante et Sart s'en démembra au XI° siècle. Le premier acte connu remonte à 1131 et concerne une chapelle "Sartum". dès la fin du XII° siècle, le ban de Sart devançait Jalhay, Spa et Verviers.

C'est au XV° siècle, que Sart connut son âge d'or. L'industrie métallurgique des bassins de la Hoëgne et du Wayai était en plein essor, les forges et les platineries nombreuses et réputées, le commerce actif avec tous les centres de la Principauté et même de l'Empire. En 1468, Charles le téméraire mit la région à feu et à sang. Mais Sart renaîtra avant que la métallurgie ne décline définitivement au XVIII° siècle. La vocation du village serait désormais essentiellement agricole.


Le perron

C'est le symbole des libertés et franchises communales concédées, comme ceux des autres bans du Franchimont, par les autorités principautaires. Celui de Sart date de 14-58. La pomme de pin surmontant sa colonne de pierre évoque la cohésion du peuple et son indépendance. C'est à son pied qu'étaient promulgués les règlements et que se rendaient jugements et sentences sous l'Ancien Régime. Il fut "raccommodé" à diverses reprises, reconstruit en 1833 pour la somme de 95 francs..., restauré enfin en 1904.


L'église

Après Theux en 814, Verviers et Sart furent les premières paroisses du marquisat de Franchimont, Sart englobant alors les pays de Spa et de Jalhay. L'église actuelle date de 1705. on y remarque deux pierres tombales de bourgmestres du XVII° siècle, et dix dalles funéraires sont encastrées dans les murs extérieurs. Les fonds baptismaux sculptés en 1620 portent une inscription rappelant l'incendie de 1615 qui détruisit l'édifice et 42 maisons. La tour fut épargnée, comme d'un autre grand incendie en 1651. Elle date du XII° siècle et servit de tour forte.


La grand place et la maison Lespire

En 1554, le Prince-Evêque Erard de la Mark octroyait aux sartois le droit de tenir un marché franc le samedi et deux franches foires par an. La place était entourée de belles maisons de style gothique ce qui démontre l'importance d'alors. Une seule maison dont l'étage date de 1616 (rez-de-chaussée du XVI° siècle) témoigne encore de cette époque, la maison Lespire, "A hauts ègrés", qui échappa à l'incendie de 1651. Cet immeuble est classé, comme la tour de l'église.


Le vieux Chêne

C'est le plus vieux sartois... la tradition veut que Charlemagne y ait rendu justice. Il est entièrement creux et l'intérieur fut carbonisé par une famille de bohémiens qui y avait installé sa marmite. Pourtant, il reverdit chaque année avec un curieux feuillage de deux tons.


La maison du maquis

Juste après le vieux chêne en direction de Priesville, au coin sur la gauche est située une maison en moellons. Elle abrita en 1944, pour quelques mois, le prince Charles, frère du roi Léopold III, qui fuyait les allemands.


La maison Bronfort

Elle date de la fin du XVIII° siècle. la famille Bronfort l'occupa jusqu'en 1922. Plus tard, entre 1943 et 1950 elle devint hôtel, avant que la commune de Sart ne la rachète. En 1989, le comité culturel loua l'immeuble pour 99 ans. Elle fut entièrement restaurée dans son état initial grâce aux retombées des Fêtes des Vieux Métiers. expositions, ateliers créatifs, conférences et réunions diverses y sont organisées.


La maison vicariale

Ce très beau petit immeuble du début du XIX° siècle a été entièrement restauré. Il abrite actuellement l'Office du tourisme de Jalhay-Sart. Sur son pignon, côté église, on y trouve la bascule communale où l'on pesait le bétail.  C'est à l'occasion d'une fête antérieure des Vieux Métiers que cette bascule a été rénovée

 

Le succès était au rendez-vous ce samedi 2 août. Rendez-vous demain, dimanche ...

 

 

La fête des Vieux métiers "Nos r'prindans rècène" est une organisation du Comité Culturel de Sart-Jalhay

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